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Pourquoi les artistes doivent s’intéresser aux NFT ?

Numérique et juridique

Pourquoi les artistes doivent s’intéresser aux NFT ?

NFT et artistes

En tant qu’artiste (ou non), vous avez sûrement déjà entendu parler des NFT(non-fungible tokens ou jetons non fongibles en français). Mais que désignent-ils et pourquoi les artistes et les amateurs d’arts devraient s’y intéresser ?

Pourquoi les NFT sont une aubaine pour les artistes aujourd’hui ?

Comme leur nom l’indique, ce sont des actifs numériques non fongibles accompagnés d’un identifiant unique. Pour faire plus simple, un NFT est le titre d’un objet numérique non-reproductible dont l’authenticité est incontestable de par son inscription dans la blockchain. Pour faire encore plus simple, reprenons les notions de “fongibles” et de “blockchain”. 

La notion de fongibilité et le rapport à l’art

Concernant la fongibilité, un exemple sera sûrement plus parlant qu’une définition. Si on prend deux pièces de 2  euros, de la même édition, de la même année, dans le même état de conservation et frappées dans le même pays, il est impossible de les différencier. Si je vous donne ma pièce de 2 euros et que vous me donnez votre pièce de 2 euros, rien n’aura changé. En effet, peu importe que j’obtienne la pièce de 2 euros de votre part ou de la part du caissier, leur valeur est identique. On dit alors que l’argent est fongible, c’est-à-dire interchangeable. Que vous ayez la première ou la dernière pièce frappée n’a aucune importance. En revanche, tel n’est pas le cas des œuvres d’art. En effet, si je prends la Joconde et que je la remplace par une autre œuvre ou même une copie, ce ne sera plus la même Joconde. On dit alors que les œuvres d’art originales sont non-fongibles. La non-fongibilité d’une œuvre a une incidence importante sur  sa valeur marchande. C’est pourquoi certaines œuvres d’art peuvent atteindre un prix important dû à leur unicité et leur non-fongibilité. Il est très difficile (voire impossible ?) de mettre un prix exact sur quelque chose d’unique et, qui plus est, n’a pas de fonction pratique. Une œuvre d’art n’a que la valeur qu’on veut bien lui porter.

A la différence des œuvres d’art traditionnelles disposant d’un support physique, les NFT authentifient principalement des œuvres immatérielles. Certaines personnes sont prêtes à dépenser des millions pour obtenir une œuvre qui n’est physiquement pas palpable. Nous vivons dans une ère où internet a réduit à néant le concept de propriété. Les films disponibles sur Netflix, les vidéos disponibles sur YouTube ou Dailymotion, les musiques que nous écoutons sur Spotify ou Deezer ne nous appartiennent pas car tout ce contenu est stocké sur des serveurs dont les utilisateurs n’ont pas la propriété. De plus, sur internet, tout est duplicable grâce aux captures d’écran et aux copier-coller. Dans cet univers virtuel les œuvres sont vécues comme des biens non-viraux. Les NFT apportent une réponse à la question de la propriété intellectuelle sur Internet et plus largement de la propriété immatérielle. 

La blockchain et son fonctionnement

Nous arrivons donc à la notion de blockchain. La blockchain pourrait être définie de manière simplifiée  comme un immense livre de compte décentralisé, virtuel et infalsifiable. Pour illustrer cette définition par exemple, imaginons que vous vouliez acheter des pommes au marché aurpès d’un marchand pointilleux. Le marchand vous dira que cela coûte 3 pièces d’or. Vous acceptez. Il notera alors dans son carnet de transaction : “Votre nom, pommes, – (moins) 3 pièces d’or”. La blockchain reprend exactement ce principe mis à part qu’elle n’est contrôlée par aucune banque ou marchand, que les pièces d’or ont été remplacées par les cryptomonnaies et que les transactions sont gérées par des millions de machines. Pour le répéter, insérer une fausse transaction dans la blockchain est en principe impossible. Ce registre  est réputé infalsifiable, authentique et sécurisé. Par ailleurs, à la différence du registre du marchand, la blockchain est programmable, ce qui permet de créer des actifs numériques, fongibles ou non fongibles sur celle-ci et de les échanges de manière sécurisée sans tiers de confiance. La blockchain permet ainsi de repenser la valeur et les modes d’échanges de nos biens numériques en leur offrant une unicité, un concept jusqu’à récemment difficile à mettre en oeuvre dans le monde virtuel.

La raison pour laquelle nous avons entendu autant parler des NFT ces derniers mois, c’est parce que pour la première fois, la blockchain n’est plus réservée à la monnaie : elle permet également d’inscrire des titres de propriété, de créer de la rareté et de déclarer une authenticité.

Pourquoi les NFT sont une aubaine pour les artistes aujourd’hui ?

Une sécurité pour les acheteurs

Véritable technologie infalsifiable, les NFT permettent aux acheteurs d’obtenir un jeton numérique unique qui prouve que ce sont bien eux les propriétaires du NFT et des droits associés à celui-ci. Ainsi, à la différence du monde physique, il est possible de tracer l’origine d’une œuvre à partir de l’adresse publique de blockchain de l’émetteur et de vérifier que l’émetteur n’a pas émis d’autres NFT portant sur cette œuvre, ce qui complexifie les actes de contrefaçon. La contrefaçon est donc impossible avec les NFT, ce qui offre une plus grande protection pour les acheteurs. Cette grande protection offerte par les NFT est synonyme de confiance, ce qui renforce l’intérêt pour cette technologie. En effet, selon les données du tracker de marché DappRadar, les volumes de ventes de jetons non fongibles (NFT) ont bondi à 10,7 milliards de dollars au troisième trimestre de 2021, soit plus de huit fois plus que le trimestre précédent.

De plus, avec l’annonce par Meta (anciennement Facebook) de la création d’un métavers centralisé au nom de Horizon World, les NFT pourraient avoir un encore plus grand intérêt. Ces œuvres d’arts pourraient en effet être utiisées dans ce monde virtuel. Adidas a par exemple lancé sa propre collection NFT intitulée “Into the Metaverse”. La marque de chaussure a collaboré avec les projets NFT Bored Ape Yacht Club, GMoney et PUNKS Comic pour créer des personnages habillés d’un survêtement et d’une paire de sneakers au nom de la marque. Fin 2019, la marque Nike a déposé un brevet permettant d’associer à une paire de basket « réelle » un NFT unique appelé le CryptoKick. Nike a également racheté il y a peu une start-up française spécialisée dans le prêt-à-porter virtuel : RTFKT. En février 2021, la start-up a par exemple collaboré avec le street artist Fewocious. Ensemble, ils ont vendu en seulement sept minutes 608 paires de baskets pour un total de 3,1 millions de dollars. La boîte LVMH a même lancé son propre NFT (au sein de son consortium Aura) permettant de prouver l’authenticité des produits de luxe et retracer leurs origines depuis leur matière première jusqu’aux points de vente. 

Une sécurité juridique pour les artistes

Juridiquement parlant, les NFT sont aussi intéressants en ce qu’ils peuvent inclure dans leurs métadonnées leurs propre conditions générales de vente ou contrat de vente. Il est ainsi possible de prévoir des clauses personnalisées en fonction de l’œuvre vendue. De plus, l’acheteur n’a aucun droit sur l’œuvre créée en NFT. Les conditions générales de vente peuvent être paramétrées par l’artiste  ce qui offre donc aussi une grande protection aux artistes dans la mesure où leurs droits sont respectés et protégés. 

Si vous êtes artiste et que vous avez un projet de NFT, la plateforme Ato permet de créer automatiquement les CGV et les smart contracts de vos NFT et les incorpore directement à ces derniers. Ce service, actuellement gratuit pour les artistes, permet aux artistes de définir avec précision les droits associés à leurs NFT et de se protéger. 

Legal Brain Avocats est à l’initiative de la création du service de minting légal ATO et s’appuie sur cet outil pour injecter des conditions générales d’utilisation du NFT dans les métadonnées du NFT.  Le cabinet accompagne dans leurs problématiques juridiques (contrats de cession de PI, contrats de coproduction de NFT, contrats de sponsoring, CGV liées au NFT, structuration fiscale, étude de faisabilité juridique) des clients, artistes (artistes numériqueset algorithmiques, crypto-artistes, street artistes, artistes musicaux…), agents, galeristes, maisons de vente, marchands d’art, studios de jeux-vidéo, plateformes et marketplaces.

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